À l’occasion de la sortie de Ma vraie nature, nous interviewons son auteur : Andrew Carlson.

Andrew, en septembre 2023 tu as publié Amitié améliorée aux éditions Antinoüs. Que peux-tu nous en dire, avec le recul ?

Ce fut un moment intense. Ma première publication officielle, passée entre les mains d’une maison d’édition. Et la première parution de cette maison d’édition. L’enjeu était donc important. J’étais très heureux, et angoissé, le jour de la sortie. Pour moi c’était un grand événement même si je n’ai pas fait tous les plateaux de télé et toutes les radios (rire). Il y a eu un très bon accueil de la part des lecteurs, du moins ce que nous avons mesuré par le classement du livre sur Amazon. Et puis, il y a eu l’attente des premiers commentaires. C’est encore plus angoissant que la sortie elle-même.

Ces commentaires étaient-ils bons ?

Oui, heureusement, les premiers retours ont été positifs. Vous ne pouvez pas imaginer la joie que l’on ressent, en tant qu’auteur, quand on découvre que des lecteurs ont effectivement apprécié l’histoire. Parce qu’il y a toujours un doute, même si le manuscrit a été accepté par une maison d’édition, même s’il y a eu beaucoup de travail dessus. Ce sont finalement toujours les lecteurs qui décident. Il y a eu un seul commentaire négatif, c’est dur à encaisser. Le premier réflexe est de déprimer vite fait, mais c’est le jeu, on ne peut pas plaire à tout le monde. En tout cas, je remercie les lecteurs, qui chacun contribuent au succès du livre.

On peut parler des ventes ?

Ah, j’aimerais bien dire que Amitié améliorée s’est déjà écoulé à des milliers d’exemplaires. Bon, ce n’est pas le cas. Nous sommes très satisfaits des ventes, même si on en veut toujours plus. Car dans ce cas précis, le but n’est pas uniquement de briller, de satisfaire l’ego de l’auteur. Nous venons de lancer Antinoüs éditions et chaque vente permet de financer le projet, pour que nous puissions continuer à publier des livres.

On doit comprendre que tu ne touches pas de droits d’auteur ?

J’y ai renoncé pour l’instant. Antinoüs éditions est un projet commun, avec Sébastien et Kenneth. Trois auteurs qui se sont associés pour créer leur propre structure. Alors, d’un commun accord nous avons décidé que les gains des premières ventes serviraient à la maison d’édition. Nous avons investi de notre poche, pour le démarrage. L’objectif est d’arriver le plus vite possible à l’équilibre, que les ventes permettent de financer les corrections et les couvertures des prochains livres. Après, on verra. Si nous réussissons notre pari, il est prévu que nous percevions des droits d’auteur. D’abord, on s’occupe de faire croître notre bébé, cette maison d’édition dont on rêvait depuis si longtemps.

En janvier 2024, vous publiez Ma vraie nature, à nouveau de toi.

En octobre, Sébastien a pu sortir son livre Dany. Je lui laisse le soin de vous en parler. Et donc oui, le troisième livre de la maison d’édition, j’en suis de nouveau l’auteur. Pour découvrir Kenneth, il ne faudra pas attendre longtemps. Je peux vous dire, en avant-première, qu’il est l’auteur de notre petite histoire de la Saint-Valentin.

Parle-nous de Ma vraie nature.

C’est à nouveau une histoire qui me tenait à cœur. J’ai pris mon temps pour l’écrire. En fait, elle est basée sur ce qui est arrivé au père d’un de mes amis. J’ai beaucoup discuté avec lui pour que l’histoire soit crédible. À quarante ans, il a eu une sorte de révélation. Il fait partie d’une génération qui cachait encore son homosexualité, allant même jusqu’à épouser une femme et fonder une famille, pour donner le change. Enfin, les choses sont complexes, on le découvre dans le livre. Ce n’est pas à contrecœur qu’il a eu des enfants, mais il n’en reste pas moins qu’il a refoulé son véritable penchant pendant des décennies. Et puis soudain, il en a eu marre. Je crois qu’à quarante ans on repense à sa vie, on regarde en arrière, on fait le point et on décide de reprendre les choses en main. C’est un âge où il n’est pas trop tard pour changer, radicalement.

Que lui est-il arrivé ?

Il a rencontré un homme, dont il est tombé amoureux. Il a eu du mal à s’y faire, il avait vécu dans la peau d’un hétéro depuis tellement longtemps. Mais les sentiments gagnent toujours, surtout l’amour. On ne peut pas y résister indéfiniment, on ne peut pas combattre son cœur. Il a tout plaqué, du moins sa femme, pour se mettre en couple avec cet homme. Il a assumé sa véritable nature et depuis, il est heureux. Son ex-femme aussi, ainsi que ses enfants. Enfouir celui qu’on est réellement nous rend malheureux et influence aussi négativement notre entourage. Là il est comme libéré de ses chaînes et pleinement épanoui.

Il a lu le livre ?

En avant-première, oui. Il a été touché que je raconte son histoire. Une grande partie sort de mon imagination, tout ne s’est évidemment pas passé comme décrit. Je n’étais pas là. J’ai reconstitué une histoire à partir de ce qu’il m’a raconté. Mais il trouve que le ton est assez juste et qu’il se reconnaît dans le personnage principal, Patrick. C’était l’essentiel pour moi.

Il ne voulait pas écrire son histoire lui-même ?

Ce serait super intéressant. Chez Antinoüs éditions nous aimerions publier des témoignages. Des biographies qui pourraient servir à tous, pour décrire les conflits qui nous travaillent et les épreuves que l’on doit traverser quand on est homosexuel. À l’avenir, nous voulons publier ce genre d’ouvrage, pour apporter des réponses et du soutien aux lecteurs qui se posent encore des questions. Il y en aura toujours…

Le nom du personnage principal a été modifié.

Bien sûr, il faut que cela reste de la fiction. Même si ce serait plus simple de garder les vrais prénoms. Parce que c’est compliqué de trouver le bon pour chaque personnage. Il faut surtout penser à l’âge de ce dernier, aller voir quels prénoms étaient populaires au moment de sa naissance. Si aujourd’hui Patrick paraît désuet, il y a quarante ans il ne pouvait pas s’appeler Brandon (rire).

Tu es plus serein qu’à la sortie du premier roman ?

Pas du tout. J’éprouve exactement les mêmes émotions qu’avec Amitié améliorée. C’est un nouveau roman, c’est totalement différent, je ne sais pas du tout comment il sera accueilli. J’espère qu’il aura de nombreux lecteurs. Et peut-être que ceux qui m’ont fait confiance pour le premier vont tenter de découvrir le deuxième. Je me demande ce que ça fait d’avoir des fans, j’espère le savoir un jour (rire).

Un troisième en vue ?

Bien sûr. Enfin, moi ça me paraît évident. Tous les trois nous écrivons comme des dingues, pour proposer de nouveaux romans. Comme dit plus haut, nous avons la responsabilité du succès d’Antinoüs éditions, avant d’ouvrir la maison à d’autres auteurs et de pouvoir nous reposer un peu. Ou pas…

 

Découvrez Ma vraie nature en version brochée ou numérique sur cette page.

Un commentaire

  1. J’ai achevé “Ma Vraie Nature” dans la matinée de ce Mardi 13 février. La lecture en est très agréable. On ne saurait dire qu’il y a eu totale identification, ma personnalité, mon physique et ma vie étant bien éloignés de ceux de Patrick et Damien. Je suis en outre hélas au milieu à peu près de ma 57ème année… Cependant, ma lecture est entrée dans une nouvelle dimension à partir du chapitre où Patrick prend conscience que son goût pour les garçons n’est pas une foucade récente ! Mon cas et mon expérience personnels étant encore différents…

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