Chroniques 2025
Mathieu
Lundi 3 novembre, vous découvrirez le quinzième et dernier épisode des aventures de Mathieu. Nous sommes très fiers de cette série littéraire et sommes heureux qu’elle ait trouvé son public, rapidement. Il est difficile de quitter un tel personnage, bien évidemment, mais toute série à une fin.
Cette aventure est le fruit d’une collaboration entre Andrew Carlson et Sébastien Chevrey. Chacun a apporté ses idées, écrit une partie du texte. Le plus difficile étant bien sûr de conserver un style unifié. C’est le rôle de l’éditeur de veiller à ce que l’écriture à quatre mains ne se voit pas, que les lectrices et les lecteurs ne se rendent compte de rien. Nous espérons avoir réussi.
Le 5 décembre nous publierons le tome 3 de Mathieu, la version papier réunissant les épisodes 11 à 15. Comme nous ne pouvons pas laisser partir Mathieu totalement, il est certain que vous le retrouverez, dans quelques mois, pour que les auteurs vous révèlent ce qu’il est devenu. Ce ne sera pas sous forme de série, mais de roman.
En janvier, nous lancerons une nouvelle série. Cette fois-ci, Sébastien Chevrey sera seul aux commandes. Le premier épisode, en version numérique, paraîtra le 2 janvier 2026. Cette série est prévue pour compter douze épisodes et deux versions brochées. Nous changeons complètement d’univers et l’histoire ne sera pas centrée sur un personnage, mais sur trois. Vous en saurez bientôt plus concernant cette série.
Infidèles (par Kenneth Wayd)
« Lorsque j’ai découvert le personnage de Luc, dans le roman Ma vraie nature d’Andrew Carlson, j’ai demandé l’autorisation de lui consacrer un livre entier. Andrew étant un ami, il a immédiatement accepté et je l’en remercie. Je me suis beaucoup amusé à décortiquer ce caractère totalement survolté, mais tellement attachant. Il dit ce qu’il pense, il agit instinctivement. Dans le même temps, il a des principes, il est sérieux et quand il a une idée en tête, il va jusqu’au bout.
Sa rencontre avec Quentin est surprenante, ce qui lui va parfaitement. Luc n’aurait pas pu trouver l’amour de manière classique, banale. Ensemble, ils se muent en justiciers, pour combattre ce qui ruine la plupart des couples : l’infidélité. C’est une pratique tellement courante, surtout dans le milieu homosexuel. Bien sûr, cela existe aussi, fréquemment, chez les hétéros.
Je trouvais intéressant de décrire la formation d’un couple tout en parlant constamment de l’infidélité. C’est une crainte que nous avons quasiment en permanence. Est-ce qu’il faut changer pour ne jamais cesser de plaire à l’autre ? Est-ce que l’amour, c’est fournir des efforts pour garder celui qu’on aime ? Est-ce que l’amour en tant que sentiment et le sexe sont sur le même plan ?
Je ne savais pas de quelle manière le premier tome serait accueilli. Je remercie les lectrices et les lecteurs qui se sont enthousiasmés dès la sortie du premier volume. Cela m’a beaucoup motivé pour l’écriture de la deuxième partie. Je voulais que la fin de la trilogie soit la plus douce possible pour Luc, parce qu’il mérite ce qu’il y a de meilleur.
Merci également à Antinoüs éditions, d’avoir accepté le manuscrit et travaillé avec moi pour le rendre meilleur. C’est important d’avoir un regard professionnel, j’ai beaucoup appris. Quelle sera la suite ? Je vais passer à un autre thème, dont on ne parle pas assez souvent. Il y a des éléments, comme l’infidélité, qui font partie du quotidien et qu’on préfère ne pas aborder. Je veux développer ces sujets qui sont communs à tous, mais qui passent sous silence.
Kenneth. »
La promesse
Dans une semaine paraîtra le dernier volet de la trilogie Infidèles de Kenneth Wayd : Infidèles – La promesse.
Antinoüs éditions aime prendre des risques et proposer des livres différents. Cette série fait partie de ces « risques », avec un ton très dynamique, un personnage haut en couleur, qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui exprime les choses clairement. Heureusement, chaque fois que nous vous proposons une œuvre qui bouscule un peu les codes, vous en faites un succès !
Intercession – L’éveil était un risque, un roman MM historique, qui nous plonge dans le 19e siècle. TicToc Boy était un risque, se focalisant sur l’introspection du personnage principal dans sa recherche de l’amour. Nous continuerons à vous proposer des histoires différentes, en espérant que vous les apprécierez toujours…
Avec La promesse, nous assistons au mariage de Luc et Quentin. Étant donné la nature des deux personnages, bien sûr que cela s’annonce épique. Pour celles et ceux qui le connaissent, Luc est bien évidemment surexcité par l’événement. Le mariage n’est pas qu’un symbole, c’est aussi un moment important de la vie qui peut révéler de nombreuses questions et générer des remises en cause.
Pendant ce temps, Kenneth écrit tranquillement son prochain roman. Chaque commentaire positif et chaque chronique encourage nos auteurs qui ont un objectif : vous faire passer un excellent moment, le temps d’un livre.
Salon du livre
Du 12 au 14 septembre, notre maison d’édition était présente au Village du livre. Un grand espace consacré uniquement à la culture, au cœur de la Fête de l’Humanité. Le public de ce salon est particulièrement intéressé par l’univers de chaque maison d’édition. En comprendre le fonctionnement, la manière dont les auteurs sont considérés et rémunérés, le souci pour l’écologie… C’est un public à la fois curieux et exigeant.
Antinoüs éditions fonctionne comme une équipe. Ne comprenant pas seulement l’éditeur, le correcteur ou le graphiste, mais aussi les auteurs. Ils doivent se sentir bien, chez eux, puisqu’après tout il s’agit de leurs livres, de leurs œuvres. Dans notre conception, la maison d’édition est simplement facilitatrice, elle permet de proposer des romans aux lectrices et aux lecteurs. L’auteur reste au cœur du processus. Dans ce domaine, jusque-là nous avons bien réussi, puisque nos auteurs sont solidaires entre eux. On le voit sur les réseaux sociaux : ils partagent mutuellement leurs posts.
Concernant la question écologique, à l’occasion de ce salon nous avons souvent expliqué le processus de l’impression à la demande, qui est encore malheureusement trop peu connu. La tradition, dans le monde de l’édition, veut que l’on imprime les livres à des centaines ou milliers d’exemplaires. L’impression à la demande, elle, permet de n’imprimer que les exemplaires nécessaires, ceux achetés par les lectrices et les lectures. Ce qui évite de jeter des tonnes de livres invendus (à l’échelle nationale c’est en moyenne 25 000 tonnes par an).
Même si le public du salon était intéressé, peu ont acheté des ouvrages. Nous avons senti une certaine timidité à acheter de la romance MM, nous prouvant que ce n’est pas encore un geste anodin. Beaucoup n’avaient aucune difficulté à acheter des romances MF, plus traditionnelles dans le paysage de l’édition. Pour ce qui est du MM, il y a encore un certain blocage. Mais ils ont pris des photos du stand et, celles et ceux intéressés sont ensuite passés par la boutique de notre site.
Cette première expérience de salon du livre, pour Antinoüs éditions, a ainsi été très enrichissante. Nous espérons pouvoir participer à d’autres événements pour continuer à rencontrer les lectrices et les lecteurs, partager notre passion commune avec vous.
Roommate
Un an et quelques jours après la sortie de Roommate – Le quarterback, découvrez la suite et fin des aventures de Florian avec : Roommate – Le pitcher.
Cette aventure américaine est basée sur l’expérience de l’auteur, qui a étudié pendant un an aux États-Unis, dans le cadre d’un échange universitaire. Il en est revenu avec beaucoup de souvenirs et même si son rôle est de romancer l’histoire, pour la rendre plus passionnante et rythmée que la réalité, il y a dans cette duologie de nombreux faits qui se sont réellement produits.
Les différences culturelles sont au cœur de cette romance, qui démontre qu’une seule chose peut réellement nous unir : l’amour. Le sentiment est universel, il fait fi des barrières, des frontières, des épreuves, des différences. Quand il veut éclore entre deux êtres, il trouve toujours le ou les moyens d’y parvenir.
Tandis que nous célébrons la sortie de ce second tome, Andrew Carlson prépare déjà son prochain opus, que vous découvrirez en début d’année prochaine…
La rentrée
Notre rentrée débute avec la publication de l’épisode 13 de la série Mathieu. L’occasion de remercier les fidèles lectrices et lecteurs des aventures de ce jeune homme. Devant le succès de cette série, nous sommes très heureux d’avoir accordé à Andrew Carlson et Sébastien Chevrey la possibilité d’écrire à quatre mains. Il reste encore deux épisodes à venir, après quoi nous lancerons une nouvelle série !
Pour ce qui est de la version papier, le troisième tome paraîtra en décembre. Pendant ce temps, Mathieu est en cours de traduction en anglais, pour conquérir d’autres cœurs, sous le nom de Becoming Mathieu. Les versions anglaises sont publiées sous le label Antinoüs Publishing et l’épisode 1 paraît ce 5 septembre.
La rentrée, c’est aussi le lancement du tome 2 de Roommate, le 19 septembre. « Le pitcher », de son nom, est disponible en précommande. Andrew Carlson a conçu cette histoire sous forme d’une duologie. Ainsi, avec ce second tome, vous aurez l’histoire complète.
Antinoüs éditions participera également à son premier grand salon du livre, du 12 au 14 septembre. Jetez un œil à nos réseaux sociaux, il y aura de l’action…
Présentation de l’éditeur d’Antinoüs éditions : Jean-Philippe Vest.
En 2008, il participe à un concours avec le manuscrit de son roman Le musée des amours lointaines. Pour son plus grand bonheur, il remporte la troisième place, parmi des centaines de postulants. Le livre est alors édité par une jeune maison d’édition (à l’époque) : Les Nouveaux Auteurs. Bénéficiant d’un travail de qualité et d’une promotion efficace, l’ouvrage se vend à des milliers d’exemplaires.
Tout n’est pourtant pas rose et, déçu par le monde de l’édition, Jean-Philippe se tourne vers l’autoédition. Il publie plusieurs ouvrages, sur des thèmes très différents, revenant souvent vers sa discipline de prédilection : l’Histoire de l’art. En 2019, il est appelé pour fonder une maison d’édition associative : Souffles Littéraires. Partant de zéro, il réussit à faire de ce projet un succès, proposant des livres dans tous les genres littéraires, excepté la romance…
C’est pourquoi, en 2024, il fonde Antinoüs éditions, afin d’également publier la littérature qu’il apprécie : la romance MM. Cette histoire, vous la connaissez ! Le succès est immédiat et il espère qu’il ne cessera jamais de grandir, afin de pouvoir étoffer l’équipe et proposer toujours plus de publications.
Si vous voulez découvrir l’auteur derrière l’éditeur, il n’y a pas meilleur jour pour cela. Pourquoi ? Parce que le 29 août, c’est l’anniversaire de Michael Jackson, son idole. Il lui a consacré un livre : Michael : Invisible. Si vous le commandez depuis son site, vous pourrez demander une dédicace…
Chronique 33
Une semaine après sa sortie, TicToc Boy a déjà reçu ses premiers retours de lecture. Étant donné qu’il s’agit d’un OLNI, un ouvrage littéraire non identifié, nous ne savions pas du tout quelle serait votre réaction.
Nous remercions nos partenaires, chroniqueuses littéraires sur Instagram et TikTok. Vous êtes un soutien indispensable. La question se pose toujours de savoir si les partenaires d’une maison d’édition sont impartiaux ou non. Car dans le monde de la littérature, certaines maisons d’édition donnent pour consigne de ne diffuser que des avis positifs. Ce n’est pas du tout notre philosophie, nous voulons que chacun donne son véritable avis. Principalement parce que les chroniqueuses sont de grandes lectrices (et de grands lecteurs), leur avis est important. De notre côté, nous ne pouvons pas lire tout ce qui est publié par les autres…
Durant la première semaine après la sortie de TicToc Boy, nous avons été confrontés à un défi posé par les algorithmes. Lorsque l’auteur n’est pas encore connu (il s’agit de son premier livre) et que le titre est orthographié différemment, les algorithmes transforment automatiquement la recherche en pensant aider. Ainsi, TicToc était immédiatement transformé en TikTok, et Valentin Moncade en une marque de bijoux… Rendant ainsi l’accès au livre impossible. Le problème est résolu puisqu’il y a eu des commentaires et de nombreuses ventes, ces chers algorithmes dont nous dépendons entièrement ont fini par comprendre que le livre existait. Ils n’ont pas pris trop de temps, alors nous sommes contents.
Du côté de la maison d’édition, nous travaillons à la sortie du deuxième volet de Roommate, mais pensons également au troisième volet de Infidèles. Et cette année, il y aura un livre de Noël ! Ainsi, pas vraiment de vacances pour nous, seulement notre siège est à Saint-Malo, alors nous n’allons pas nous plaindre, la mer est juste à côté.
Semaine 32
Ce 8 août 2025, nous donnons sa chance à un nouvel auteur : Valentin Moncade, avec la sortie de son premier récit : TicToc Boy.
Nous le qualifions de récit, car il s’agit d’un roman court. Une œuvre particulière, dans laquelle l’auteur nous plonge intégralement dans les pensées du personnage principal. Ce dernier, dont la vie est parfaitement réglée, voit son univers bouleversé par les réseaux sociaux.
Que se passe-t-il lorsqu’on tombe amoureux ? Qu’est-on prêt à faire grâce à l’énergie de l’amour ? Les technologies peuvent-elles nous permettre de rencontrer notre âme sœur ?
Valentin nous propose de répondre à toutes ces questions et de suivre le tumulte émotionnel qui nous bouleverse lorsque l’amour vient tout emporter.
Valentin fait partie des auteurs peu sûrs d’eux, qui craignent, d’une certaine manière, la publication de leur ouvrage (voir notre article à ce sujet). Son manuscrit a été validé par la maison d’édition, mais cela ne lui suffit pas. Il attend, avec impatience et une certaine angoisse, les retours des lectrices et des lecteurs.
Donner sa chance à un nouvel auteur est toujours un risque. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté du travail d’éditeur : proposer quelque chose de différent, pour enrichir l’univers littéraire.
Comment savoir si mon livre est assez bon ?
Une fois que le point final est posé, l’auteur commence à douter. Se demandant si son texte est assez bon pour être publié, pour intéresser des lectrices et des lecteurs. Répétons une fois de plus que le doute est essentiel. Un véritable auteur doute toujours. Ceux qui sont trop sûrs d’eux, en général, publient de la sous-littérature, voire des trucs imbuvables. L’artiste doute, c’est son moteur, c’est à cela qu’on le reconnaît.
Pour estimer si un livre est bon, il faut d’abord savoir ce que l’on entend par là. Est-ce que j’écris pour obtenir une reconnaissance, pour gagner de l’argent, pour proposer de la haute littérature digne de l’Académie française ? On peut écrire pour toutes ces raisons, le plus intéressant est quand même d’écrire pour le plaisir, pour soi, et d’être satisfait de sa prose.
On peut tout de même étudier certains points pour savoir si le livre pourra plaire à d’autres que soi.
- L’histoire tient-elle debout ? La perfection n’est pas de ce monde, on pourrait retravailler un manuscrit pendant des années, modifier un mot, changer une virgule, ajouter un point d’exclamation. Dans l’univers créatif, on ne peut pas parler de perfection. Il faut se focaliser sur la logique, la fluidité, le rythme. Est-ce que le lecteur va vouloir tourner les pages ? C’est la marque d’un bon livre.
- Les personnages sont-ils forts ? Ce qui nous fait apprécier une histoire, c’est que l’on s’attache aux personnages. On a envie de connaître leur destinée, on a peur pour eux lorsqu’ils se retrouvent dans des situations difficiles, on est heureux lorsqu’ils réussissent à atteindre leur objectif.
- Est-ce que l’histoire apporte quelque chose ? Le lecteur doit refermer le livre en se disant qu’il vient de passer un bon moment, qu’il a ressenti des émotions, qu’un message a été transmis, qu’il en sait un peu plus sur la vie grâce à l’expérience partagée durant le roman.
- De manière plus pragmatique, un bon livre est également un manuscrit corrigé par un œil professionnel et mis en forme selon les conventions typographiques en vigueur. Le fond reste l’essentiel, pourtant il ne faut jamais négliger la forme.
- Il faut éviter de se comparer. Un auteur est également un lecteur. Nous avons tous nos livres favoris, les auteurs que nous mettons sur une sorte de piédestal. Il ne faut pas se comparer à ces derniers. Chacun a son propre style, sa manière d’écrire, de raconter une histoire. Tous les styles peuvent plaire.
Ainsi, la question de savoir si mon livre est bon est une question trop vague, qui ne peut pas avoir de réponse claire. Seuls les lecteurs jugeront. Disons que si vous êtes prêt à laisser votre histoire vivre son aventure, être lue, conquérir des lecteurs. Si vous êtes satisfait en tant qu’auteur et que le texte que vous avez dans les mains, vous avez envie de le partager… dans ce cas, oui, votre livre est bon et prêt à être publié.
Les mauvaises critiques
Dans l’une de nos chroniques, nous avons évoqué l’angoisse de la publication, principalement liée au fait d’appréhender les critiques sur son roman. Un auteur ne craint pas les critiques positives, celles à cinq étoiles. Ce qui coince, ce sont les retours négatifs.
Sur certains sites, il est possible d’attribuer uniquement une note, sans avoir à développer ce qui n’a pas été apprécié dans le livre. Ce sont les jugements les plus durs à recevoir : une seule étoile sans aucune explication. Car toute critique, même négative, peut être intéressante si elle est constructive, si elle aide l’auteur à progresser.
Ensuite, il y a les mauvaises critiques argumentées, faisant forcément de la peine à l’auteur qui a mis tout son cœur dans l’écriture. Dans ce cas, il faut distinguer deux types de critiques :
- Le véritable avis, celui donné par une personne qui lit beaucoup, qui a réellement pris le temps de lire le livre et qui fait remonter des remarques pertinentes. Cela se repère tout de suite, puisque la personne mentionne des éléments précis du roman, qui ne lui ont pas convenu. Cela peut aller de la mauvaise orientation donnée par la quatrième de couverture, ayant fait croire à un genre littéraire qui n’est pas celui du roman. Jusqu’à la mention de trop nombreuses fautes d’orthographe ou des incohérences inconciliables, ce qui est plus grave.
- Les haters. Si votre roman a ses détracteurs (en bon français) c’est soit qu’il suscite l’intérêt, soit qu’il empiète sur les platebandes d’un autre auteur. Ne faisons pas semblant, les haters sont généralement des auteurs ou leurs fidèles suiveurs. Ces derniers se jettent sur toute nouveauté dans un genre littéraire particulier pour mettre une étoile ou un : « C’est nul ». Les critiques des haters sont faciles à repérer, elles ne sont pas argumentées, ce sont des personnes qui n’ont pas lu le livre (même si officiellement ce n’est pas possible). Le seul objectif est de rabaisser la concurrence.
Ainsi, il ne faut pas prendre toute critique négative pour un mauvais présage. D’ailleurs, les livres qui n’ont rapidement que des cinq étoiles peuvent paraître suspects. On se doute que ce sont les amis ou la famille qui ont commenté. Quand il s’agit de lectrices et lecteurs extérieurs au cercle de l’auteur, les avis sont forcément mitigés.
Contre les haters, on ne peut rien faire. Il est dommage que dans le monde du livre on se tire dans les pattes entre auteurs. Mais il y en a qui n’ont que cette méthode pour briller. Il s’agit de jalousie, qui naît du manque de talent !
La peur de la page blanche
C’est une crainte qui revient souvent dans les conversations des auteurs. Elle se traduit par l’impossibilité d’écrire, le manque d’inspiration, le fait de littéralement se trouver devant une page blanche et de ne pas réussir à rédiger une seule ligne.
Un blocage est effectivement possible. Dans l’idéal, l’auteur a instauré une routine, qui peut être d’écrire chaque jour. Ce n’est pas évident, l’inspiration n’est pas quelque chose qui se commande.
Il existe plusieurs raisons à la paralysie de la page blanche :
- Une crispation temporaire, due à la fatigue. Le cerveau ne peut pas en permanence produire des idées. Quand elles ne viennent pas, l’auteur se crispe et bloque temporairement l’inspiration.
- La fausse route, le fait de ne pas se sentir bien face au roman que l’on écrit et hésiter à tout reprendre ou à abandonner pour écrire totalement autre chose.
- La défaillance du plan. Dans l’idéal, il faut réussir à prévoir ce que l’on va écrire, pour que l’inspiration ait le temps de s’alimenter entre deux plages d’écriture. Cela permet une plus grande efficacité.
La solution ? Si cela ne se produit que le temps d’une journée, il n’y a rien de grave. N’oublions pas que l’écriture ne doit jamais devenir une corvée, une obligation. Ce serait forcément néfaste. Écrire est un plaisir et doit le rester. Alors, si pendant une journée vous ne le sentez pas, ce n’est pas grave, inutile de se flageller, l’inspiration reviendra encore plus forte.
Si l’incapacité d’écrire se prolonge, il faut briser cette forme de paralysie face à la page blanche. Écrivez sur n’importe quel sujet, autre que votre roman. Simplement quelques lignes pour raconter votre journée, un événement particulier… peu importe. L’important est d’écrire, même des choses qui ne seront jamais publiées, pour stimuler l’inspiration, ne pas perdre la main. Plus on écrit, plus l’inspiration nous alimente.
Il ne faut pas craindre la page blanche. Elle fait partie du processus. Écrire est une activité du domaine de la créativité. Personne ne peut être au top à cent pour cent, en permanence. Il ne faut pas s’infliger de pression. Le plaisir avant tout !
L’angoisse de la publication
Il s’agit de la crainte des réactions des lectrices et des lecteurs. Beaucoup d’auteurs sont touchés par cette angoisse, qui augmente à mesure que la date de publication approche.
L’auteur travaille dans son coin, en solitaire, l’écriture est d’abord un dialogue avec soi-même. On est de ce fait le seul juge de ce que l’on écrit. Une fois que l’auteur est satisfait, il peut demander l’aide de bêta-lecteurs, lui permettant d’avoir des premiers avis. Cette étape est importante, puisqu’à ce stade il est encore possible de modifier le roman. Puis vient l’envoi à l’éditeur qui, s’il accepte le manuscrit, va demander un retravail de certaines parties. C’est l’œil du professionnel, qui note les quelques petits défauts qui peuvent subsister.
Ainsi, bien avant la publication, l’auteur a pu recevoir de nombreux avis. De plus, s’il est accepté par une maison d’édition, c’est que cette dernière croit à son roman et le trouve bon. Mais ensuite, il y a le jugement public, totalement différent. Pour une raison simple. Les lectrices et les lecteurs achètent le livre ! Dans leur regard, il y a ainsi une exigence supplémentaire. Des sous ont été dépensés, du temps va être consacré à la lecture. Le jugement sera sans appel.
L’angoisse devient alors celle de l’attente, du premier commentaire, des premiers retours. Cela peut bloquer certains auteurs, qui parfois ne veulent même pas proposer leur manuscrit, à cause de cette peur du jugement des autres. Et pourtant, l’objectif est de partager ce que l’on a écrit. C’est un dilemme auquel l’éditeur fait souvent face. Il est aux côtés de ses auteurs et, disons-le, joue parfois le rôle de psychologue.
Cette angoisse est encore plus grande chez les autoédités. Ils n’ont pas eu la phase d’acceptation par un éditeur. C’est une confrontation directe avec le jugement des lectrices et des lecteurs. Certains ne souffrent pas de ce genre de tourment. On peut tout de même dire qu’un véritable auteur (autoédité ou publié) n’est jamais sûr de lui, de ce qu’il a écrit. Ainsi, il est normal d’avoir peur des premiers retours sur un roman. Les réactions des lectrices et lecteurs sont imprévisibles. Et heureusement, sinon cela voudrait dire qu’il existe une recette infaillible pour écrire des livres qui plaisent, et que ces derniers se ressembleraient tous.
On ne peut jamais plaire à tout le monde, quoi que l’on fasse. L’essentiel est de se sentir bien, d’aimer son texte, d’être heureux de partager ce que l’on a écrit.
L’impression à la demande.
Pendant longtemps, le monde du livre reposait sur l’impression classique, dite offset, qui impose la contrainte de faire imprimer plusieurs centaines de livres à chaque commande, afin de rentabiliser le processus. Cette technique mobilise effectivement les imprimeries qui ne recommencent pas le travail de préparation des machines pour seulement une dizaine d’exemplaires, le coût serait prohibitif.
Qui dit impression en masse dit aussi stockage. Lorsque l’on fait imprimer cinq cents exemplaires d’un livre, il faut stocker ces derniers, en attendant qu’ils se vendent. Le stockage engendre des frais impressionnants. C’est à cause de cela que, bien souvent, les maisons d’édition mettent rapidement la clé sous la porte.
Heureusement, aujourd’hui il est possible de passer par l’impression à la demande, numérique, qui a de nombreux avantages :
- Comme son nom l’indique, il s’agit d’une impression selon la demande, signifiant que l’on peut faire imprimer un seul exemplaire ou mille. On résout ainsi deux problèmes majeurs : le stockage et la disponibilité. Le stockage disparaît purement et simplement : lorsqu’un lecteur passe une commande, le livre est imprimé pour lui et envoyé directement. En plus, le livre est disponible en permanence, il n’y a pas d’épuisement des stocks, la nécessité d’attendre une réédition.
- Écologiquement, c’est une solution qui devrait être adoptée par tous les éditeurs. Chaque année, l’édition française produit des milliers de tonnes de pilon : le processus de destruction des livres qui ont été imprimés, mais qui n’ont pas trouvé leur lectorat. Ce sont des milliers d’arbres sacrifiés pour rien. L’impression à la demande évite ce gâchis : ne sont imprimés que le nombre de livres nécessaires. Aucun ouvrage ne finit à la poubelle. Excepté en cas de gros défaut, mais dans la plupart des cas, s’il y a un défaut, le livre peut être vendu en occasion.
- La flexibilité apportée par l’impression à la demande est appréciable. Imaginons que des coquilles, ou de grosses erreurs aient échappé à l’éditeur avant la publication. Cette erreur n’est pas imprimée dans cinq cents exemplaires qu’il faut écouler ou jeter. La correction se fait rapidement, par un envoi des nouveaux fichiers à l’imprimeur à la demande. Sans interruption des ventes.
Le seul défaut de l’impression à la demande en est un pour les libraires. Un éditeur passant par ce processus ne propose pas de système de dépôt-vente. Les livres sont en achat ferme, aucun libraire ne prend le risque de commander plusieurs exemplaires qui, s’ils ne sont pas vendus, sont une perte sèche pour lui.
Dès le départ, Antinoüs éditions a fait confiance à Lightning Source France, un acteur majeur de l’impression à la demande basé en région parisienne. Ils sont efficaces, rapides, les ouvrages sont de très bonne qualité et les correspondants sont d’une gentillesse incroyable. Mine de rien, c’est très important. Et puis, cela permet d’avoir une production 100% française !
Diffusion et distribution.
Ces deux piliers de la commercialisation du livre sont souvent confondus. Pourtant, chaque rôle est déterminant.
- Diffusion : le diffuseur intervient en amont. Son rôle est de faire connaître les livres auprès des professionnels. Les sociétés de diffusion ont dans leur équipe des commerciaux, qui vont à la rencontre des libraires, pour leur présenter les nouveautés et les inciter à commander des exemplaires pour les mettre en avant. L’argumentaire principal est généralement la quatrième de couverture. Mais il y aussi une dimension de confiance, avec la personne représentant le diffuseur. Il faut une connaissance des goûts du ou de la libraire, ainsi que de sa clientèle. Si cette dernière préfère la lecture de thrillers ou de polars, il sera plus difficile de placer des romans historiques. Il s’agit d’une schématisation, bien sûr. L’objectif d’une libraire est de proposer le choix le plus vaste, sans la capacité de pousser les murs, il faut une sélection. C’est l’intérêt de la diffusion : attirer l’attention des libraires pour qu’ils puissent faire un choix éclairé.
- Distribution : le distributeur est, pour simplifier, celui qui envoie le livre. Il y a les mastodontes : Hachette Livre ou Editis. Et puis, comme pour les diffuseurs, de plus petites structures qui effectuent le travail pour les maisons d’édition indépendantes. La distribution est au cœur du processus, il faut que le livre parvienne rapidement au libraire. Le jour de la sortie au minimum, mais aussi assurer le réassort rapidement. Comme il est possible de commander un livre auprès de sa librairie, le distributeur doit faire en sorte qu’il arrive le plus rapidement possible. C’est d’autant plus essentiel aujourd’hui, avec la concurrence des librairies en ligne, sur lesquelles on commande le soir pour recevoir le livre dès le lendemain … On peut attendre deux ou trois jours, pour privilégier la librairie de sa ville ou de son village. Et ainsi éviter les frais de port institués par la loi Darcos : 3 euros, pour tout livre expédié et non retiré dans une librairie.
La diffusion et la distribution ont un coût. Après la correction, la mise en page, la couverture et l’impression, ces deux éléments constituent une part importante du prix final du livre. N’oublions jamais les maisons d’édition indépendantes, qui souvent sont en autodiffusion et autodistribution. Il faut avoir les reins déjà solides pour faire appel à des prestataires extérieurs.
Chez Antinoüs éditions, c’est grâce à vous que nous nous faisons connaître auprès des libraires ! Par le biais des commandes que vous passez dans votre librairie préférée. Merci !
Le contrat d’édition : la version numérique.
Le contrat d’édition peut mentionner les dispositions relatives à l’exploitation de l’œuvre sous forme numérique. Dans certains cas, cela fait l’objet d’un contrat distinct. Toutes les maisons d’édition, même si elles sont de plus en plus nombreuses à le faire, ne proposent pas de version numérique des livres publiés.
Concernant la version numérique, le contrat reprend les grandes lignes de ce qui a été évoqué pour la version papier : l’étendue de la cession, le bon à tirer numérique, les prérogatives de l’éditeur. Il peut y avoir quelques différences.
- Le délai de publication : priorité est généralement donnée à la version papier. Le contrat d’édition peut prévoir un délai plus long pour la publication de la version numérique. En apparence, convertir un fichier pour le diffuser sous format e-book semble simple. Mais sauf mention contraire, l’éditeur s’engage à rendre la version numérique disponible sur toutes les plateformes. Dans ce cas, il est nécessaire de passer par un prestataire externe, qui se chargera de la distribution. Cela a un coût et peut prendre un certain temps.
- Les mesures de protection : une fois que le livre est en version numérique, la plus grande crainte est le piratage. L’éditeur s’engage à prendre toutes les mesures possibles pour éviter, au maximum, les fuites de données. Ce n’est pas évident, il est difficile de totalement protéger un livre numérique. On les retrouve souvent sur des plateformes qui les proposent gratuitement. Ces dernières sont pour la plupart des arnaques, tendant des pièges dans lesquels certaines lectrices et certains lecteurs tombent encore. Quand on vous demande de renseigner votre carte de crédit pour un e-book gratuit, c’est suspect.
- La rémunération de l’auteur : elle est différente de celle proposée pour la version papier. Généralement, le prix du livre numérique est plus bas, mais l’auteur touche des droits plus élevés. Du moins, c’est ce qui devrait être le cas dans le contrat d’édition. Pour la version numérique, il y a une diminution des frais, puisqu’il n’y a pas les coûts d’impression et d’expédition. Il faut aussi prendre en compte les plateformes qui proposent un abonnement à leurs utilisateurs. La rémunération de l’auteur doit être bien détaillée et balayer l’ensemble des possibilités offertes par la version digitale.
Le numérique n’a pas autant de succès en France que dans d’autres pays. La stratégie des éditeurs (ceux des grands groupes) a été, dès le départ, de ne pas proposer des e-books moins chers que les versions poche des livres. Leur crainte était de menacer la manne financière des livres réédités en petit format proposés à sept ou huit euros. C’est ainsi principalement le prix qui est dissuasif. Les autoédités ont pu tirer leur épingle du jeu en proposant leurs ouvrages à des tarifs moindres. Les maisons d’édition indépendantes font aussi l’effort de ne pas pratiquer des prix prohibitifs.
Le succès de la version numérique reste une question de genre littéraire et d’habitude des lectrices et des lecteurs. Ce sont les personnes qui lisent beaucoup dont la préférence va à la version numérique, par manque de place dans la bibliothèque et pour une question de budget. Chez Antinoüs éditions, ce sont les versions numériques qui fonctionnent le mieux, surtout, il faut le dire, grâce à leur présence dans l’abonnement Kindle…
Le contrat d’édition : les prérogatives de l’éditeur.
Par contrat, l’éditeur s’arroge le droit d’imposer plusieurs éléments concernant le livre. Dans une maison d’édition indépendante, l’équipe éditoriale et l’auteur travaillent ensemble. Dans les plus grandes structures, il se peut que l’auteur n’ait pas son mot à dire pour :
- Le format de l’ouvrage. Chaque maison d’édition possède sa propre charte graphique. Généralement tous les livres sont de la même taille, pour qu’ils soient reconnaissables. D’ailleurs, les grandes maisons d’édition ne font pas preuve de beaucoup d’originalité. Les livres ont tous le même format, ou quasiment, les lecteurs y sont habitués. On ne parle ici que des premières éditions, et non des livres en version poche.
- La présentation de l’ouvrage : l’éditeur peut imposer la couverture du livre. D’ailleurs, c’est sa prérogative essentielle. Tout ce qui est considéré comme relevant du marketing est imposé par l’éditeur. La couverture, la police d’écriture, le texte de quatrième de couverture et bien entendu le prix de vente. La charte graphique de certaines maisons d’édition est stricte, il n’y a pas beaucoup de marge de manœuvre. Ce sont les éditeurs indépendants qui expérimentent le plus et offrent une certaine variété.
- Le prix, nous venons d’en parler, n’est pas défini au hasard. Il doit inclure les coûts de fabrication : les corrections, la mise en page, la création de la couverture, l’impression, la diffusion et la distribution. Nous l’avons vu dans l’article précédent, ce n’est malheureusement pas l’auteur qui perçoit la plus grosse partie du prix de vente. C’est pourquoi l’autoédition est souvent privilégiée, mais elle a le désavantage de (trop souvent) ne pas inclure des coûts essentiels : faire appel à un correcteur professionnel et à un graphiste.
- La date de mise en vente est déterminée par l’éditeur. Dans le monde de l’édition, il existe des cycles. Les échéances les plus évidentes sont les rentrées littéraires, de septembre et de janvier. Mais aussi les livres de l’été ou ceux formatés pour les fêtes de fin d’année. Il existe également des mois plus propices pour la publication de polars, de thrillers ou de récits de voyage. La maison d’édition prend tous ces paramètres en compte pour déterminer la date de publication qui permettra un bon démarrage des ventes du livre.
Le contrat d’édition : les obligations de l’éditeur (partie 2).
- La durée du contrat d’édition est clairement exprimée. Par défaut, elle correspond à ce qui est mentionné dans le Code de la propriété intellectuelle, c’est-à-dire à vie… Chaque maison d’édition peut déterminer la durée du contrat, les auteurs ont désormais raison d’être réticents à donner les droits d’exploitation pour des années. Chez Antinoüs éditions, le contrat est de cinq ans, après quoi l’auteur opte pour reprendre ses droits ou prolonger sa collaboration avec nous.
- La cession des droits est généralement consentie pour le monde entier. Ce qui signifie que la maison d’édition a les droits d’exploitation du livre, en version française, dans tous les pays. En cas de traduction, réalisée par une maison d’édition d’un pays tiers, c’est cette maison d’édition qui obtient les droits, pour le monde entier, dans la langue visée. Céder les droits de traduction se fait avec l’accord de l’auteur, la maison d’édition jouant dans ce cas le rôle d’un agent littéraire négociant le contrat et s’occupant de toutes les parties techniques.
- Les droits d’adaptation, tout le monde en rêve. Le contrat d’édition couvre le droit d’adaptation en livre audio. En revanche, dans le cas d’une demande d’adaptation au cinéma, pour la télévision, les groupes de streaming ou même le théâtre, un contrat distinct est établi entre l’auteur, la maison d’édition et l’acquéreur des droits.
- La rémunération de l’auteur peut-être fixe. Dans le monde de l’édition du livre, le droit d’auteur se situe autour de 8% (toujours calculé sur le prix de vente hors taxe de 5%). L’éditeur est libre de fixer le pourcentage, qui peut aussi être proposé par paliers. C’est ce qui se pratique désormais le plus couramment. Un faible pourcentage pour les premiers exemplaires, afin que la maison d’édition ait le temps de rentrer dans ses frais. Puis, par seuils successifs, une augmentation des droits d’auteur selon le nombre d’exemplaires vendus. C’est une bonne manière de procéder, car ainsi l’auteur qui vend plus de dix mille exemplaires sera mieux rémunéré. Cela semble parfaitement normal. En France, on considère qu’un livre devient un best-seller à partir de 5 000 exemplaires vendus, une valeur sûre au-delà de 10 000 et un livre à succès lorsque les ventes dépassent les 100 000 exemplaires.
L’à-valoir n’est pas une pratique automatique, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Une loi pourrait changer cette réalité. Les éditeurs indépendants n’en proposent généralement pas. En échange, l’auteur est rémunéré dès le premier exemplaire vendu. Car il est entendu que l’à-valoir est une avance sur droits d’auteur. Si une ME vous propose 500 euros d’à-valoir, il faudra dépasser ce montant pour toucher les premiers droits d’auteur. L’absence d’à-valoir n’est pas le signe que la maison d’édition manque de confiance dans le succès du livre. C’est une prise de risque que les ME indépendantes ne peuvent pas financièrement se permettre. En contrepartie, il est plus facile de négocier un pourcentage de droits d’auteur au-dessus de la moyenne.
Le contrat d’édition : les obligations de l’éditeur (partie 1).
- La publication à ses frais dans un délai prévu au contrat. Il faut un certain temps, quand le travail est bien fait, entre la signature du contrat d’édition et la publication du livre. Mais l’éditeur s’engage à ce que ce délai soit raisonnable. Cela peut varier, d’une maison d’édition à l’autre, généralement cela ne peut pas excéder un an. Si ce délai n’est pas respecté, l’auteur récupère pleinement les droits sur son ouvrage.
- L’exploitation de l’œuvre. L’éditeur s’engage à exploiter et suivre l’œuvre en permanence. Ce qui veut dire, en premier lieu, qu’il doit s’assurer que l’ouvrage est disponible, en version papier et/ou numérique. Il peut bien entendu y avoir des ruptures de stock, mais alors l’éditeur annonce une date pour la réédition. Il ne peut pas, simplement et unilatéralement, cesser l’exploitation de l’œuvre, la rendre inaccessible aux lectrices et lecteurs. Si, dix ans après la sortie, le livre ne se vend plus qu’à un exemplaire par an, des clauses peuvent être prévues au contrat pour dispenser l’éditeur de cette obligation de réimprimer des exemplaires. Le livre sort alors du circuit de distribution et, généralement, cela met fin au contrat entre les deux parties.
- La cession à des tiers est à la charge de l’éditeur, qui autorise la reproduction pour la représentation de tout ou partie de l’œuvre. Il doit en informer l’auteur, ce dernier doit toujours savoir ce que l’on fait de son travail. Il peut s’agir de la publication d’un long extrait pour un magazine ou l’utilisation d’extraits plus courts dans un autre ouvrage. Il y a des limites à l’utilisation des citations et si l’on veut dépasser ces limites, il faut une autorisation. C’est bien l’éditeur qui s’occupe de cette gestion, il est responsable de tout ce qui touche à l’ouvrage dont il a les droits d’exploitation.
- La reddition des comptes est obligatoire une fois par an. Elle peut être établie plus régulièrement. La reddition récapitule le nombre d’exemplaires en stock (si la ME ne passe pas par l’impression à la demande), le nombre d’exemplaires fabriqués, vendus, ceux qui sont hors droits (service de presse) ou détruits (pilon pour cause de défaut). À partir de ces chiffres, l’éditeur calcul les droits d’auteur, en brut ou en net (selon le statut de l’artiste) et s’engage à verser ces droits. Cette partie semble tout à fait couler de source, mais il faut qu’elle soit présente dans le contrat d’édition, avec la mention de dates butoirs. La reddition ne s’effectue pas selon le bon vouloir de l’éditeur, il donne une échéance.
Il donne aussi la possibilité à l’auteur, généralement une fois par an, de demander les preuves concernant les chiffres qui sont annoncés. Si vous avez cent commentaires sur Amazon et que l’éditeur comptabilise une seule vente, le doute est permis, l’auteur peut demander à consulter les chiffres. Il n’a d’ailleurs pas besoin de raison pour exercer ce droit.
Le contrat d’édition : les obligations de l’auteur.
La signature du contrat est un moment de joie, pour l’auteur, la concrétisation de plusieurs mois, voire plusieurs années de travail. C’est aussi une étape qui peut générer quelques angoisses, il s’agit de céder les droits d’exploitation de son livre à une maison d’édition. Cette dernière doit être disponible pour répondre clairement à toutes les questions de l’auteur. Un contrat comporte immanquablement des termes juridiques et des formulations pouvant prêter à confusion. Si la maison d’édition ne se montre pas coopérative pour répondre à vos interrogations, il faut douter de son honnêteté.
Si vous voulez connaître les articles légalement obligatoires dans un contrat d’édition ou si vous voulez des explications pour bien vous préparer avant la signature, le site de la Société des gens de lettres est complet et fiable. D’entrée de jeu, il est souligné que ne peut s’appeler « contrat d’édition » que celui qui est signé avec une ME à compte d’éditeur : « La transaction qui s’opère est un transfert de droit de l’auteur vers l’éditeur, en échange de quoi l’éditeur prend en charge la fabrication et la diffusion. L’éditeur doit en couvrir tous les frais. »
En signant, l’auteur s’engage à garantir que son œuvre est originale, qu’elle ne comporte aucun emprunt à une création protégée par la propriété intellectuelle, ni propos à caractère diffamatoire. Il existe des règles pour définir dans quelle mesure il est possible de citer des personnes réelles et dans quelles conditions. De même, l’utilisation de citations doit être limitée. Nous évoquons le cas d’un roman de fiction, les essais ou les documentaires répondent à d’autres critères.
En cédant les droits de son œuvre, l’auteur confirme que cette dernière ne fait pas l’objet d’un autre contrat ou d’un droit de préférence et qu’il n’existe pas de la publication en autoédition en cours. Bien entendu, en attendant un éventuel contrat d’édition il est possible de publier son œuvre en autoédition ou sur des plateformes telles que Wattpad. Mais à partir du moment où le contrat est signé, ces versions doivent disparaître, c’est plutôt logique.
Puis l’auteur s’engage à transmettre le fichier texte de son manuscrit, la plupart du temps sous format Word, pour que le travail de l’éditeur puisse débuter. Les obligations de l’auteur s’arrêtent là, sachant que nous n’évoquons que les articles légalement indispensables. Chaque maison d’édition a son mode de fonctionnement et peut ajouter des contraintes, dans une certaine limite et toujours en respectant la base d’un tel contrat : le Code de la propriété intellectuelle.
La sélection : La sélection des manuscrits est une étape décisive pour une maison d’édition à compte d’éditeur. Nous insistons sur le terme, puisque celles à compte d’auteur prennent tous les manuscrits qui arrivent. Étant donné que c’est l’auteur qui paie, il faut le brosser dans le sens du poil, lui dire qu’il est merveilleux, lui faire miroiter une carrière, un succès incroyable. Quand la maison d’édition est sérieuse, que c’est elle qui assume la charge entière du livre, le scénario est de toute évidence bien différent. Chaque manuscrit sélectionné est un risque, qui nécessitera beaucoup d’investissement en temps et en argent. Mais au moins, la maison d’édition à compte d’éditeur mesure l’enjeu et fera tout pour que l’auteur connaisse le succès. Il en va de la réputation de la ME et de sa pérennité.
Quels sont les critères de sélection ? En premier lieu la conformité avec la ligne éditoriale de la maison d’édition. La grande majorité en a une clairement détaillée sur son site. Si une ME est spécialisée dans le thriller et le polar, inutile de lui envoyer de la poésie. Les auteurs doivent ainsi bien identifier cette ligne éditoriale avant de transmettre leur manuscrit. En deuxième lieu vient la qualité de l’écriture. La maison d’édition ne va pas retravailler l’ensemble du manuscrit. Il faut que ce dernier soit déjà construit, cohérent, rythmé de façon équilibrée. Avant d’accepter une œuvre, le comité de lecture estime la quantité de travail qu’il faudra fournir pour passer du manuscrit brut au livre final.
En troisième lieu, vient l’originalité. Il faut que le manuscrit sorte du lot. Tout a déjà été écrit, il existe peu de sujets novateurs. Ce qu’il faut, c’est aborder le thème principal de manière originale. Avec son propre style, sa propre voix. Ne pas essayer de reproduire ce qui a du succès, mais écrire selon son idée. Une fois le manuscrit accepté, le chemin est encore long. Il faut que les personnes œuvrant pour la maison d’édition aiment le livre. Il s’agit de lui consacrer des heures, le relire plusieurs fois et plus basiquement, on ne publie pas un manuscrit auquel on ne croit pas, c’est l’échec assuré.
La sélection du manuscrit est un processus subjectif. Un refus ne signifie pas que le roman n’est pas bon. Heureusement, ce sont encore des êtres humains qui procèdent à la sélection. Ainsi, il se peut qu’une histoire ne soit pas sélectionnée parce qu’elle n’est pas arrivée au bon moment. La plus grande crainte d’une maison d’édition est de passer à côté d’une pépite. Mais personne n’est infaillible, l’écriture est un art, il existe de nombreux talents, nous essayons de faire émerger les meilleurs.
L’indépendance : Une maison d’édition indépendante est définie par trois critères, selon la Fédération des éditions indépendantes : publier uniquement à compte d’éditeur, ne pas être contrôlé par un grand groupe (Hachette, Editis…) et réaliser un chiffre d’affaires annuel inférieur à dix millions d’euros. Antinoüs éditions répond à ces trois critères, même si on ne dirait pas non à un chiffre d’affaires de plus de dix millions d’euros…
Publier à compte d’éditeur signifie que nos auteurs n’ont rien à débourser pour la publication de leur roman. Il existe malheureusement trop de maisons d’édition à compte d’auteur qui font payer pour la publication du livre, parfois sous des formes déguisées. D’ailleurs, ces dernières parlent souvent de publication et non d’édition, puisqu’il n’y a généralement pas de véritable travail d’éditeur, ce sont simplement des machines à fric.
Mais alors, qu’est-ce exactement que l’édition ? De la sélection du manuscrit à la publication proprement dite, il y a beaucoup d’étapes à franchir, que nous allons pouvoir vous décrire. Chaque semaine nous nous intéresserons à l’une de ces étapes. N’hésitez pas à poser vos questions, parfois le monde de l’édition est perçu comme très secret, obscur, ce n’est pas du tout notre philosophie. Notre équipe est là pour vous répondre.
Pour revenir à l’indépendance, elle est essentielle dans le paysage éditorial français. Pour que tous les textes aient leur chance, pour échapper à une forme de censure, pour avoir la liberté de tout publier. Afin que le public puisse avoir le choix. Nous n’envisageons pas l’ensemble comme une compétition, il y a des maisons d’édition appartenant à de grands groupes, des indépendantes et n’oublions pas les auteurs autoédités. Le choix est énorme, ce sont les lectrices et les lecteurs qui décident de ce qu’ils veulent lire. Malgré les inconvénients de ce foisonnement, il faut veiller à ne pas perdre cette liberté que les indépendants (éditeurs et auteurs) défendent contre les nombreuses attaques.
La semaine prochaine, nous aborderons la question de la sélection des manuscrits.
Infidèles : La série de romans sous le titre principal « Infidèles », explore les différentes facettes de l’infidélité. Un sujet important, qui est la cause de rupture la plus fréquente. Il peut exister différentes raisons pour que l’un des membres du couple se dirige vers l’infidélité. C’est ce que notre auteur Kenneth Wayd analyse dans ce qui sera une trilogie. Il faut bien cela pour comprendre pourquoi nous nous faisons tant de mal.
Le personnage principal, Luc, a fait son apparition dans le roman d’un autre de nos auteurs : « Ma vraie nature », par Andrew Carlson. Il n’est alors qu’un personnage secondaire, que Kenneth a été autorisé à reprendre pour le développer. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un personnage au caractère fort, qui dit ce qu’il pense, en toute franchise et sans détour. Un tempérament indispensable pour révéler les différentes facettes de l’infidélité.
On ne peut correctement disséquer ce phénomène que lorsqu’on est soi-même amoureux. La rencontre entre Luc et Quentin est rocambolesque, mais après tout, l’amour peut prendre n’importe quel chemin pour émerger et nous combler de bonheur. C’est après que l’on se pose beaucoup de questions et que peut naître la crainte d’être trompé.
Le premier tome de cette trilogie a généré beaucoup de réactions, positives. Un personnage sans filtre, qui dit brutalement tout ce qu’il pense, c’est rare…
